Des lycéens blessés aux réseaux sociaux, Macron défend sa ligne et réclame le « calme »
Des blessés, des débordements, des manifestations qui dégénèrent et une colère qui ne semble pas retomber. Beaucoup de sujets sur lesquels Emmanuel Macron était attendu, ce mercredi 28 octobre. Et face à Hugo Travers, de la chaîne HugoDecrypte, le président de la République n’a pas été épargné. Pendant plus d’une heure, le journaliste l’a interrogé sur cette crise lycéenne qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.
« Qu’est-ce que vous dites à, à un lycéen de Clermont qui a perdu une main ou à sa famille ? », lui demande Hugo Travers. « Ah, je pense que rien ne justifie ça. Et je pense que c’est pour ça qu’il faut aujourd’hui revenir au calme », répond le chef de l’État. Emmanuel Macron évoque aussi les policiers blessés, avant d’insister « moi, ma conviction, c’est qu’il faut revenir maintenant au calme des deux côtés. » Le « calme » justement, c’est le fil rouge des réponses du président tout au long de cette interview.
Mais l’intervieweur Hugo Travers s’interroge : pourquoi est-ce que le président n’a pas pris la parole plus tôt ? Emmanuel Macron assume : « Le président ne doit pas se propulser sur toute situation. C’est parfois ce qu’on m’a aussi beaucoup reproché. Mais c’est normal d’avoir d’abord laissé les ministres faire. »
Plus tard dans l’entretien, le chef de l’Etat reconnait toutefois que l’executif a tardé à réagir. « Je pense que de toute façon, on n’a pas été assez rapides collectivement dans la réponse. Je vais être honnête avec vous, moi, je pense qu’on aurait dû aller plus vite, moi le premier », admet-il.
Des réponses sur Parcoursup, moins sur les réseaux sociaux
Reste à répondre aux revendications à l’origine de la colère lycéenne. Sur Parcoursup, dont le gouvernement a annoncé le remplacement d’ici à 2028, Emmanuel Macron continue de défendre le système actuel. « On a un système avec Parcoursup qui est bien meilleur que ce qu’il y avait avant », affirme-t-il, tout en reconnaissant qu’il « crée de la défiance, donc on doit le refonder ».
« Je souhaite qu’à la rentrée, après les vacances de la Toussaint, les lycées puissent rouvrir parce que quand on parle de l’avenir de notre jeunesse, il faut qu’elle puisse reprendre les cours », a par ailleurs dit le chef de l’Etat. Des manifestations sont pourtant déjà en préparation du côté des lycéens, dès la rentrée de lundi 2 novembre.
À propos du pouvoir d’achat qui cristallise une partie de la mobilisation, il ne s’engage pas sur une nouvelle hausse du Smic. « Je pense que la clé, elle est plus aujourd’hui sur certaines branches qui ont un niveau de rémunération qui est en dessous du Smic », estime-t-il, tout en appelant à « relancer » à court terme les négociations salariales.
Et les réseaux sociaux ? Alors que Blast avance que le gouvernement étudiait un blocage pur et simple de l’accès à Instagram, Snapchat, Facebook ou encore X pendant les week-ends de mobilisation, Hugo Travers demande à Emmanuel Macron ce qu’il en est réellement. Le chef de l’État reconnaît que des « discussions » ont eu lieu à Matignon, mais n’en précise pas la nature. Il préfère insister sur les demandes de retrait et de surveillance des contenus illicites adressées aux plateformes, notamment ceux qui ont relayé des appels au pillage et à la violence. « Moi, je suis comme vous attaché à la liberté. Mais quand elle est dévoyée par des gens pour des projets funestes, on doit mettre en place des systèmes de reponsabilité », justifie-t-il. Malgré les relances de l’intervieweur, impossible de savoir si une coupure temporaire a réellement été envisagée.
L’entretien déborde alors sur le climat politique après l’attaque raciste de Trappes. Le président dénonce un « racisme d’atmosphère » et une « désinhibition » des discours racistes et antisémites. Il appelle à un « sursaut » face à cette libération de la parole haineuse.
Le calme, encore et toujours
Sous la vidéo, les premiers commentaires témoignent du scepticisme de certains internautes. « Échec collectif ou échec personnel ? », interroge l’un d’eux. Un autre ironise : « Je crois qu’il souhaite un retour au calme mais je ne suis pas sûr ».
Emmanuel Macron, lui, espère que les cours reprendront bien lundi, après les vacances de la Toussaint et dans le « calme ». Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à poursuivre la mobilisation.



