LFI, Renaissance… Ce que l’on sait des cyberattaques qui ont touché plusieurs partis politiques ce week-end
Alors que les fuites de données se multiplient dans le secteur privé comme public, trois cyberattaques concernant des partis politiques ont été revendiquées au cours du week-end du samedi 24 et du dimanche 25 octobre.
Ces fuites de données ont concerné le Parti communiste, La France insoumise ainsi que Renaissance. Données ciblées, réactions des partis politiques… Le HuffPost fait le point sur ce que l’on sait de ces cyberattaques.
• Trois partis politiques visés par un hacker en 48 heures
La première fuite de données a touché le Parti communiste, vendredi 23 octobre au soir, a rapporté l’AFP. Dans un communiqué, le PCF a expliqué avoir été alerté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), et avoir « immédiatement engagé la sécurisation de ses systèmes, de ses outils informatiques et de ses bases de données ».
Puis, d’après les informations du site spécialisé French Breaches, confirmées par Le Parisien samedi 24 octobre, La France insoumise a, à son tour, été visé par une fuite de données au cours du week-end.
Enfin, un hacker a revendiqué samedi une fuite de 4,1 millions de données du parti Renaissance, a rapporté Le Parisien.
• Les numéros de téléphone et les adresses ciblés
Le Parti communiste n’a pas précisé le nombre de personnes touchées, mais le site spécialisé French Breaches a chiffré à près de 190 000 le nombre de personnes concernées. « Les informations examinées comprennent notamment des noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone et adresses e-mail », a-t-il indiqué.
Chez LFI, la cyberattaque a ciblé des numéros et des e-mails de militants ainsi que des informations sur les opérations de porte-à-porte, selon les informations du Parisien et de French Breaches.
Le pirate ayant visé Renaissance a, lui, affirmé avoir collecté des centaines de milliers d’adresses. « Les échantillons examinés par French Breaches révèlent la présence d’adresses postales, de coordonnées GPS, de noms et prénoms, de fonctions politiques et de données sur l’organisation des campagnes électorales », a aussi estimé le site spécialisé.
• Le PCF annonce porter plainte et appelle à la vigilance
Dans son communiqué, le parti de Fabien Roussel a indiqué son intention de déposer plainte et a affirmé qu’« à ce stade des investigations, aucune donnée bancaire n’a été compromise », car le fichier concerné ne contient ni coordonnées bancaires ni moyens de paiement. Des investigations sont en cours, en lien notamment avec l’Anssi.
« Même si aucune action immédiate n’est requise de leur part », le PCF a ensuite appelé l’ensemble de ses adhérents et sympathisants à « une vigilance toute particulière face aux courriels, appels ou SMS suspects, les données pouvant être utilisées à des fins d’hameçonnage (phishing) ».
• Renaissance et LFI nient toute fuite de données personnelles
À rebours du Parti communiste, LFI et Renaissance ont nié toute fuite de données personnelles. « La France insoumise a été informée de la circulation d’un ensemble de fichiers présentés comme issus de nos systèmes. Une vérification interne a été menée immédiatement », a d’abord indiqué le coordinateur national du parti Manuel Bompard sur X, sans autres précisions sur cette vérification.
Mais, « contrairement à ce qui est indiqué dans certains messages, aucune donnée personnelle de membres de la France insoumise n’a été divulguée au-delà de celles déjà disponibles publiquement », a ensuite affirmé le député marseillais.
Chez Renaissance, la direction du parti a démenti au Parisien toute cyberattaque ce dimanche. Les « vérifications ne montrent aucune intrusion dans les systèmes ni dans la base de données (…). Contrairement à ce qui a pu être évoqué, aucune donnée personnelle n’a été divulguée », a affirmé le parti.
« Les éléments décrits correspondent à des informations publiques, soit disponibles via l’Insee, soit affichées sur notre plate-forme militante, consultables publiquement. Ils semblent avoir été collectés par extraction automatisée de ces pages », a ajouté la direction.
• Un seul hacker derrière ces cyberattaques ?
D’après Le Parisien, un seul et même hacker a revendiqué ces fuites de données. Le site spécialisé French Breaches a précisé que les différentes cyberattaques avaient été revendiquées sur des forums par un pirate utilisant le pseudonyme ChimeraZ.
Ce hacker avait déjà revendiqué une cyberattaque contre la région Hauts-de-France au début du mois, ou contre une armurerie vendéenne plus récemment. Une vingtaine d’autres cyberattaques – au moins – seraient également de son fait, d’après les données compilées par French Breaches.


