Une nouvelle enseigne bien connue des Français placée en redressement judiciaire
Le groupe GiFi, dont les magasins emploient 6 000 personnes en France et qui connaît de grandes difficultés, a été placé, ce mardi 3 novembre, à sa demande en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse, selon la décision consultée par l’AFP.
Le tribunal ordonne une période d’observation de six mois et donne rendez-vous le 8 janvier pour une nouvelle audience visant à « déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».
Les difficultés du groupe GiFi ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, auquel s’est ajoutée la concurrence d’autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet comme Temu.
En 2025, l’enseigne, fondée par Philippe Ginestet en 1981, avait envisagé de réduire de 5 % ses effectifs, avant d’interrompre ce plan social. Elle s’est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins, sur les plus de 500 qu’elle compte.
Une procédure « pour protéger l’entreprise »
Une nouvelle « dégradation brutale de l’activité en juillet et août 2026 » a suscité « un besoin de trésorerie non couvert estimé entre 25 et 30 millions d’euros à compter d’octobre 2026 », a signalé le tribunal dans sa décision, selon lequel les solutions envisagées pour combler ce manque « n’ont pu aboutir dans les délais requis ».
Le nouveau président du directoire de GiFi, Patrick Puy, a dit le 23 octobre vouloir « protéger un maximum de salariés ». « Comme vous le savez, le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et GiFi n’a pas été épargnée (…). Pour protéger l’entreprise et poursuivre son activité, nous avons décidé (…) de solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent », avait-il annoncé quelques jours plus tôt aux salariés, dans une lettre consultée par l’AFP.
Patrick Puy, dont la nomination avait été annoncée mi-octobre, a, à nouveau, assuré mardi que cette procédure n’entraînerait « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi et aucun nouveau PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ».
« On est assez dégoûtés, inquiets. Maintenant, la question est de savoir comment la procédure va se passer : en discussion avec les organisations syndicales ou de façon unilatérale ? », a réagi de son côté Emmanuel Selves, représentant syndical CFTC. « Les salariés sont écœurés, dans un état de mal-être total », a-t-il affirmé.



