Laurent Nuñez suspend l’usage des « grenades assourdissantes » dans les manifs lycéennes
Changement de ton place Beauvau. Après avoir revendiqué ne donner « aucune consigne de retenue » aux forces de l’ordre face aux manifestations de lycéens, et assumé ensuite que gendarmes et policiers « puissent disposer de l’ensemble de la palette des armes intermédiaires qui sont à leur disposition » dans le cadre du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez a nuancé ce mercredi 7 octobre sur RTL, en annonçant suspendre « l’usage des grenades assourdissantes ».
Une déclaration qui intervient après qu’un adolescent de 15 ans a perdu sa main alors qu’il participait à une manifestation à Lens lundi. Le retrait de cette arme controversée (et déjà retirée des équipements par Christophe Castaner en son temps au moment des gilets jaunes) durera « tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire ». Et Laurent Nunez d’insister : « Uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qui s’est passé ». Ce qui signifie que les étudiants, qui appellent aussi à se mobiliser en cette rentrée, ne devraient pas être concernés par cette mesure de précaution temporaire.
L’ombre de Macron
Selon nos informations, Emmanuel Macron n’a pas spécialement goûté l’approche du tout sécuritaire adoptée par son gouvernement dans les premières heures de la crise, et qui a déjà conduit à la mutilation de plusieurs jeunes.
Le chef de l’État a par ailleurs convoqué les ministres concernés par la colère de la jeunesse pour une réunion d’urgence organisée à l’Élysée mardi soir. « Le président a rappelé la nécessité de maintenir l’ordre tout en nous demandant de le faire avec la plus grande proportionnalité », a admis Laurent Nunez, précisant que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de dix-huit enquêtes à ce jour.
Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale ce mardi, la question de l’arsenal répressif déployé par le gouvernement face aux revendications lycéennes a enflammé l’hémicycle, la gauche dénonçant des « violences policières » couvertes par un gouvernement jugé incapable d’offrir un débouché politique à la révolte des jeunes. Des accusations balayées par Sébastien Lecornu, qui a accusé en retour LFI d’attiser « l’ultraviolence » déplorée en marge des manifestations.


