Politique

Marine Le Pen veut (encore) supprimer cette mesure de solidarité pour les HLM

Marine Le Pen a identifié une cible : le logement. Pour son discours de rentrée à Hénin-Beaumont ce dimanche 13 septembre, où le président de son parti Jordan Bardella a été privé de prise de parole, elle a placé le curseur sur le pouvoir d’achat, en insistant notamment sur la question du logement. Une thématique sur laquelle la candidate RN a recyclé un vieux souhait de la droite et de l’extrême droite : l’abrogation de la loi SRU du 13 décembre 2000.

Pour rappel, cette loi est considérée par les associations qui luttent contre le mal-logement comme un outil central dans le combat contre l’exclusion. Elle impose en effet aux communes de se doter d’un taux minimum de logements sociaux sur leur territoire sous peine de sanctions financières. Objectif : répartir équitablement la charge du logement social et éviter que les villes réfractaires échappent à cet effort collectif.

« Comme nous croyons à la liberté des maires et que la loi dite SRU n’a pas manifestement fait ses preuves, cette loi SRU qui inflige chaque année des amendes aux communes qui comportent moins de 20 à 25 % de logements sociaux y compris si elles n’ont plus de foncier disponible, cette loi SRU sera purement et simplement abrogée », a-t-elle lancé.

Dit autrement, les communes ne seront plus tenues d’assurer une part de leur parc immobilier à l’habitat social. À noter que ce n’est pas la première fois que la candidate a cette loi dans le viseur. En 2022, elle qualifiait déjà ce dispositif de « stupidité ». En 2023, le groupe RN a l’Assemblée nationale avait tenté d’abroger cette loi au nom de la lutte contre… la sécheresse. En 2021, alors qu’il était encore vice-président du RN, le maire de Fréjus David Rachline avait exprimé son hostilité à cette loi, qui a pourtant amélioré la répartition géographique des logements sociaux, selon un rapport de l’Insee sorti au mois de juin.

Pour autant, la candidate RN jure qu’il n’est pas question de laisser tomber le logement social. Selon elle, la solution réside (sans surprise) dans la « priorité nationale » et dans la levée des normes qui régissent la construction. « Au nom d’une prétendue écologie, on a fait entrer le marché immobilier dans des logiques de restriction, d’interdictions et donc dans une spirale de récession », a-t-elle dénoncé, promettant la suppression du dispositif ZAN (Zéro artificialisation nette) né de la Convention citoyenne pour le climat. Marine Le Pen entend également supprimer les diagnostics de performance énergétique (DPE), imposés par loi Climat et Résilience de 2021.