Lionel Messi a enflammé l’Argentine une dernière fois pour ses adieux à la sélection
Des ovations à répétition, des chants en boucle, des larmes et bien sûr… un but et des passes décisives. Lionel Messi, idole de l’Argentine, a disputé ce mardi 6 octobre ses dernières minutes avec la sélection nationale, l’Albiceleste, dans une atmosphère de fièvre mêlant gratitude, et nostalgie déjà, pour l’adieu à un génie.
L’octuple Ballon d’or, 208 sélections, et désormais 126 buts avec l’équipe d’Argentine, a disputé à 39 ans l’intégralité de la rencontre devant plus de 80 000 privilégiés au Monumental de Buenos Aires, dans un match amical aux airs de fête face au Bénin (89e au classement Fifa), battu 3-0.
Plus en vue de son équipe, Messi a inscrit sur pénalty son 126e but en sélection (70e), et délivré deux passes décisives, ses 66e et 67e avec l’Albiceleste, trouvant sur corner le défenseur Nicolás Otamendi (48e) et servant dans le jeu Nico Paz (60e).
Un match pas comme les autres
Vous avez dit match amical ? La soirée à Buenos Aires avait des airs de match de Mondial, avec partout dans la rue sur les épaules, des maillots floqués du N °10, des drapeaux, une foule sur le parcours du bus de la sélection, des monuments illuminés en ciel et blanc, une fan zone à la cité universitaire, avec écran géant.
« On est très ému, parce que Messi est un exemple de leadership, de père, d’homme, et être ici pour l’accompagner dans sa dernière représentation, si on peut dire, c’est une fierté et un honneur », déclarait à l’AFP à l’entrée du stade Karina Fernandez, ravie d’avoir décroché un billet. Ils s’étaient arrachés en moins de deux heures.
Rien, vraiment, d’un match comme un autre, jusqu’à ce maillot spécial confectionné pour l’occasion. Ou l’hymne argentin chanté par un ancien combattant de la guerre des Malouines (1982). Ou cet arrêt de jeu à la 10e minute (hommage au N.10), ponctué d’une ovation, encore.
Messi lui-même a été rattrapé par l’émotion. Dans le bus vers le stade, où il a été vu se séchant les yeux, de nouveau lors de l’hymne. Des larmes ont coulé aussi sur la joue de son entraîneur, Lionel Scaloni.
« C’est le monde entier qui te remercie »
Auparavant, les messages avaient afflué du monde du football, dont d’ex-coéquipiers tel Neymar (Barcelone puis Paris SG) : « Ce n’est pas seulement l’Argentine, c’est le monde entier qui te remercie pour tout ce que tu as apporté au football ».
Merci, merci. Partout des mercis. Sur des panneaux publicitaires en ville. Sur une gigantesque banderole en tribunes : « Gracias por todo, mi capitan ». Sur un immense maillot « N.10 » déployé sur la pelouse. Ou sur le « Gracias Leo » dessiné dans le ciel par un show de drones à la fin du match. Avant un tour d’honneur du génie gaucher.
Depuis les tribunes, les chants ont d’ailleurs ruisselé sans arrêt : « Viens, viens, chante avec moi, avec Messi, on fera le tour d’honneur », « Muchachos » (chant des supporters argentins au Mondial 2022), ou les « Mes-si ! Mes-si ! » scandés.
« Ne plus revenir va être une grande peine »
Si Messi avait annoncé fin août sa retraite internationale, Scaloni et la Fédération argentine avaient décidé de le convoquer pour un dernier tango, une célébration à la hauteur de son legs à l’Argentine, grande nation du foot qu’il a replacée sur le toit du monde en plus de deux décennies à son service.
Après avoir longtemps buté sur le plafond de verre, enchaînant les échecs sur la grande scène avec l’Albiceleste, Messi a fini par le percer, offrant à son pays en 2022 la troisième Coupe du monde de son histoire, face à la France, après 36 ans d’attente depuis 1986 et le sacre de l’autre icône, Diego Maradona.
Et maintenant ? Messi, c’est fini ? Il est encore sous contrat jusqu’en 2028 avec son club, l’Inter Miami, mais avait laissé entendre qu’il pourrait arrêter définitivement plus tôt que prévu, après le décès de son père et agent, Jorge, il y a deux mois.
Mais mardi soir, une dernière fois, l’heure était à l’Albiceleste. « Cela a été une très grande fierté pour moi de défendre ce maillot », a dit le N °10 au micro sur la pelouse après le match. « Je n’ai rien d’autre que des remerciements (…) Ne plus revenir va être une grande peine ».


