Cette BD vous raconte tout ce que vous ignoriez de la success-story de « Friends »
En dix saisons et 236 épisodes, ils sont devenus « nos meilleurs amis ». Et ce, où que l’on vive dans le monde. En mai 2004, Friends refermait l’une des pages les plus marquantes de l’histoire de la télévision avec son « finale », mettant un terme à une série culte qui aura redéfini le genre de la sitcom.
Deux décennies plus tard, c’est ce « petit miracle » qui a tenu à « si peu de choses », que Laurent Hopman a voulu raconter. Dans Nos meilleurs amis, qu’il publie ce mercredi 7 octobre chez Deman, l’auteur répète l’exercice brillamment réussi avec ses Guerres de Lucas, dont les deux premiers tomes (un troisième est prévu pour 2027) reviennent sur la genèse et les coulisses du tournage de la trilogie originale de Star Wars.
Accompagné cette fois du dessinateur espagnol Isaac Jadraque, déniché au terme d’un long casting pour sa capacité à reproduire de manière photoréaliste les visages de Rachel, Ross ou Monica pour faire passer une émotion, ce passionné de l’industrie du divertissement ne cache pas son attachement profond pour les personnages nés de l’esprit de Marta Kauffman et David Crane. « Je suis un grand fan de Friends depuis le début et j’ai envie d’écrire sur des sujets qui me passionnent », explique-t-il au HuffPost, au terme d’un travail de fourmi de plusieurs années pour « gérer la masse d’information disponible et construire un scénario cohérent ».
Un miracle qui a régulièrement frôlé la catastrophe
En épluchant les biographies des acteurs, les interviews données par l’équipe technique, les passages dans les talk-shows des protagonistes de l’épopée, Laurent Hopman a compilé des centaines d’anecdotes toutes plus croustillantes les unes que les autres. Des moments disséminés à mesure que son récit avance et que Friends passe de l’état de simple pitch à celui de phénomène « dans un monde sans téléphone portable, grâce à des intrigues profondément humaines ».
On découvre ainsi Matt LeBlanc en train de se raboter une dent à la lime à ongles avant un shooting photo, Courteney Cox égérie d’une pub Tampax qui brise les codes et parle de règles à la télévision américaine pour la première fois ou des premiers rôles masculins qui en pincent collectivement pour l’une de leurs consœurs. Des épisodes saupoudrés entre les étapes cruciales d’une success-story sans pareille. L’image d’une table de casting qui s’agrandit de case en case alors que de nouveaux décideurs viennent s’y ajouter illustre à merveille la patience qu’il a fallu pour survivre à la bureaucratie hollywoodienne.
Car on le comprend à maintes reprises à la lecture de Nos meilleurs amis : le miracle Friends a régulièrement failli ne pas se produire. « C’est intéressant de réaliser à quel point le succès d’une série est aléatoire, à quel point ça tient à peu de chose, souligne l’auteur. Il y a beaucoup d’argent à la clé, puis le succès, les honneurs, mais il y a surtout beaucoup, beaucoup de travail. »
Des rires aux larmes
Les horaires sans fin en salle d’écriture, les difficultés personnelles des uns et des autres niveau cœur ou santé, l’envie d’arrêter qui se représente inlassablement pour les acteurs, les blagues à réécrire dans l’instant parce que le public est resté impassible… Tous ces écueils permettent de comprendre les efforts réclamés par un tel succès. Ce, jusqu’à l’irruption d’un improbable « grand méchant », Don Ohlmeyer, dirigeant réactionnaire, misogyne et homophobe chez NBC, qui n’aura eu de cesse de mettre « des bâtons dans les roues » à David Crane et Marta Kauffman.
Reste que la formule magique triomphe, envers et contre tout. Résumée par cette phrase, prononcée par la showrunneuse dans le roman graphique : « Chaque épisode aura trois intrigues d’importance égale, et au moins l’une des trois devra avoir quelque chose d’émouvant parce qu’on attire les gens avec de l’humour, mais c’est avec le cœur qu’on les retient ». Soit la clé du succès, selon Laurent Hopman : « C’est cette intensité dans les scènes dramatiques, qui contrebalance l’humour. Tout le monde essaie de le faire, mais c’est extrêmement difficile. »
De rire, il est régulièrement question dans Nos meilleurs amis. Comme lorsque Matthew Perry, à qui l’on demande de jouer de son charme pour convaincre Julia Roberts de rejoindre la distribution le temps d’un épisode spécial, se retrouve à recourir aux scénaristes pour lui écrire – par fax s’il vous plaît – la meilleure invitation possible. Et qu’il finit par accéder à la demande de la comédienne de lui expliquer la physique quantique, condition sine qua non qu’elle pose à sa venue sur le tournage.
Quant à l’émotion, dur de faire plus éloquent que l’écriture de la rupture en Ross et Rachel, mais ça, on vous laisse le découvrir dans le livre. « Série doudou » s’il en est, revisionnée sans relâche par des millions de fans à travers le monde, Friends est tout à la fois un triomphe et une tragédie. « C’est l’idée de ce livre : montrer la réalité douce-amère des coulisses de cette industrie du rêve, conclut Laurent Hopman. C’est montrer les difficultés, les conflits, les inimitiés, la dureté de ce milieu, mais aussi les histoires d’amour et les succès. C’est montrer comme c’est difficile, cruel, à quel point il faut une peau de rhinocéros pour supporter toutes les incertitudes. C’est raconter des histoires fascinantes, inspirantes pour le lecteur, lui permettre de voir cette série et le succès de manière plus nuancée. » Contrat rempli.
Nos meilleurs amis, sortie mercredi 7 octobre (Deman, 180 pages).



