Economia

Les députés suppriment déjà cette mesure très polémique sur les retraités

Et hop, une source d’économies en moins pour Sébastien Lecornu. Du moins, si ce vote en commission des Finances de l’Assemblée nationale est confirmé dans quelques jours par l’ensemble des députés. Ce mercredi 7 octobre, les députés ont rejeté le coup de rabot prévu sur l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Dans la copie rendue par le gouvernement, l’exécutif prévoyait d’abaisser le plafond à 3000 euros, contre 4439 euros actuellement.

Un effort censé rapporter la bagatelle de 1,4 milliard d’euros de recettes fiscales. Ce qui, dans l’état actuel des finances publiques, n’est pas négligeable. Mais qui est loin d’être populaire, qui plus est en période électorale. Pour rappel, cette piste est soutenue par seulement 11 % des Français, selon un sondage YouGov réalisé pour Le HuffPost. Résultat, tous les groupes d’opposition ont rejeté la mesure, du RN à la France insoumise en passant par LR.

« Par pur électoralisme, la commission des finances vient de sauver leur niche fiscale. Même une toute petite réduction de l’abattement de 10 %, ils n’en veulent pas », a déploré le (très libéral) député macroniste Guillaume Kasbarian, qui défendait la mesure. « Coût : 5 milliards d’euros à la charge des actifs. Insupportable », a-t-il ajouté, sans préciser que le plafonnement est censé représenter 1,4 milliard de cette somme.

« Insupportable »

« Le gouvernement présente cette mesure comme un simple ajustement fiscal, mais pour les retraités concernés, c’est très concret. C’est une hausse d’impôts et une baisse de leur pouvoir d’achat », a justifié la députée RN Claire Marais-Beuil. « Touchez les retraités, vous touchez une des seules parties du pays qui continue à avoir un pouvoir d’achat qui augmente légèrement (…), et donc vous touchez la consommation », a renchéri le président LFI de la Commission des finances, Éric Coquerel.

À noter cependant que cette suppression reste pour l’heure symbolique, puisque c’est la copie initiale du gouvernement, comprenant ce coup de rabot, qui sera débattue dans l’hémicycle à partir du mardi 13 octobre. Une autre mesure concernant les retraités sera aussi à l’étude : la désindexation partielle des pensions. Un autre sujet tabou qui, au regard des forces politiques en présence à l’Assemblée, a de fortes chances de ne pas survivre aux débats parlementaires, qui plus est à quelques mois d’une élection présidentielle.

Pour rappel : le budget présenté par le Premier ministre espère aboutir à 54 milliards d’euros d’économies. Nous en sommes encore (très) loin.